
L’étiquette de prix est le plus petit achat d’une boutique de fleuriste et l’un des rares qui soit obligatoire. Un contrôle de la répression des fraudes ne regarde pas la qualité de vos bouquets, il regarde si le client peut lire un prix sans avoir à le demander. Et en fleuristerie, cette contrainte se heurte à des conditions que peu de commerces connaissent : de l’eau partout, une vitrine qui prend le soleil le matin et la buée le soir, des tiges qui bougent quand on sert un client.
Voici ce que le texte impose exactement, ce qu’on écrit sur l’étiquette, et quel format tient réellement en boutique.
Ce que la loi impose, en une phrase
L’arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l’information du consommateur sur les prix pose la règle : tout produit destiné à la vente au détail et exposé à la vue du public doit faire l’objet d’un marquage par écriteau ou d’un étiquetage. Le texte cite explicitement la vitrine, l’étalage et l’intérieur du lieu de vente. Il n’y a pas d’exception pour les fleurs coupées, ni pour les plantes sorties sur le trottoir.
Trois conditions accompagnent cette obligation, et ce sont elles qui posent problème au quotidien :
- Le prix doit être sur le produit ou à proximité immédiate, de façon qu’il n’existe aucune incertitude sur le produit auquel il se rapporte. Une ardoise posée entre deux seaux de roses de prix différents ne remplit pas cette condition.
- Il doit être parfaitement lisible depuis l’endroit d’où le client regarde : de l’extérieur pour ce qui est en vitrine, de l’intérieur pour ce qui est en boutique. Une étiquette tournée vers le mur ne compte pas.
- Le prix affiché est le prix toutes taxes comprises, celui que le client paiera effectivement. C’est le seul endroit de votre activité où le TTC s’impose, alors que vos achats se raisonnent en HT.
La vitrine mérite une attention particulière : c’est le point le plus souvent relevé, parce que c’est le plus visible depuis la rue et le plus facile à oublier quand on remonte une composition à la dernière minute.
Ce qu’on écrit dessus
Le prix seul suffit rarement à lever l’ambiguïté. Sur un seau de fleurs coupées, un chiffre isolé ne dit pas si c’est le prix de la tige, du bouquet de dix ou du lot entier. La mention de l’unité fait partie de la lisibilité exigée par le texte, et elle vous épargne surtout la discussion au comptoir.
En pratique, trois lignes suffisent :
- Le nom du produit quand il n’est pas évident. Une rose se reconnaît, une variété de chrysanthème beaucoup moins.
- L’unité de vente : à la tige, le bouquet, la botte, le pot. C’est la ligne qui évite les malentendus.
- Le prix TTC, écrit assez gros pour être lu à deux mètres à travers une vitre.
Pour les plantes, ajoutez le diamètre du pot : c’est le critère sur lequel un client compare deux plantes d’apparence identique, et l’absence de cette information fait perdre des ventes plus souvent qu’elle n’en protège.

Les trois formats qui tiennent en boutique
Les étiquettes de bureau ne survivent pas à un atelier de fleuriste : le carton gondole, l’encre coule, et la pique en plastique fin casse au premier repiquage. Trois familles résistent vraiment.
L’étiquette blanche sur pique
La plus polyvalente. On écrit au feutre, on efface ou on jette, et le fond blanc se lit de loin. C’est le format des étalages qui tournent vite, où les prix changent d’une arrivage à l’autre. Existe en deux hauteurs utiles : environ 45 cm pour les seaux profonds et les compositions hautes, environ 35 cm pour les plantes en pot et les présentoirs bas. Voir les étiquettes prix blanches 15,5 x 9,5 cm, vendues par lot de dix.
L’ardoise sur pique
Le même principe avec un fond ardoise et une écriture à la craie ou au marqueur craie. L’avantage est esthétique autant que pratique : l’ardoise absorbe la lumière au lieu de la renvoyer, ce qui la rend lisible en vitrine ensoleillée là où le blanc brillant crée un reflet. Elle s’efface d’un coup de chiffon humide, ce qui est un vrai argument dans un métier où les mains sont mouillées. Les étiquettes prix ardoise existent dans les mêmes dimensions que les blanches, ce qui permet de mélanger les deux sans casser l’alignement d’un étalage.
L’étiquette bois
Format plus petit, réservé aux plantes d’intérieur, aux terrariums et aux compositions de valeur où l’étiquette fait partie de la présentation. Elle ne convient pas à un étalage extérieur : le bois travaille avec l’humidité et se voile en quelques semaines.
Le rayon complet est ici : étiquettes prix et ardoises.
Imprimer ses propres étiquettes, ou écrire à la main
La question revient souvent, et la réponse dépend surtout de la vitesse à laquelle vos prix bougent.
L’écriture à la main gagne dès que les prix changent plusieurs fois par semaine, ce qui est le cas de toutes les fleurs coupées. Le temps de concevoir, imprimer, découper et fixer une étiquette, la rose a changé de cours. Un feutre à craie et une ardoise vous coûtent quelques secondes par référence.
L’impression gagne sur ce qui ne bouge pas : les plantes vertes, les contenants, les articles de décoration, les prestations affichées en vitrine. Là, une étiquette imprimée à votre charte donne une impression de sérieux que le feutre ne donnera jamais.
Si vous imprimez, trois règles évitent les déconvenues :
- Imprimez en recto simple sur du papier épais, au minimum 200 g, sinon l’étiquette gondole dès la première nuit en vitrine.
- Glissez l’impression dans un porte-étiquette plutôt que de la piquer directement. Le papier seul ne tient pas dans un seau.
- Gardez une marge blanche en bas : c’est la zone qui disparaît dans la pince ou la fente du support.
Pour un usage mixte, beaucoup de boutiques gardent deux jeux : de l’ardoise pour la partie fraîche, de l’imprimé pour la partie sèche et les plantes. Le résultat reste cohérent tant que les hauteurs de pique sont les mêmes.
Combien en tenir en stock
C’est le consommable qu’on oublie de commander jusqu’au jour où il n’y en a plus, généralement un vendredi. Deux repères simples :
- Comptez une étiquette par référence exposée, pas par produit vendu. Un étalage de vingt seaux demande vingt étiquettes, plus une réserve pour les casses et les pertes.
- Doublez avant chaque pic de saison. À la Toussaint, à la Saint-Valentin et à la fête des Mères, vous sortez des références que vous ne tenez pas le reste de l’année, et chacune doit porter son prix.
Les étiquettes se vendent par lots de dix, ce qui correspond à peu près au renouvellement annuel d’un étalage de taille moyenne. C’est une ligne de commande à glisser dans un réassort existant plutôt qu’à commander seule.
Le reste des consommables de présentation, cartes de message, porte-cartes et supports, se trouve au rayon cartes et étiquettes. Pour une vue d’ensemble de ce que demande un atelier, voir les fournitures et le matériel du fleuriste.